Une culture du risque appropriĂ©e peut-elle aider Ă  atteindre les objectifs de l’entreprise et Ă  Ă©viter les surprises potentiellement destructrices ? La rĂ©ponse est « oui » selon l’Institute of Operational Risk (IOR), qui aborde le sujet et explore comment une meilleure comprĂ©hension, Ă©valuation et mesure de la culture du risque organisationnel peut contribuer Ă  attĂ©nuer les risques opĂ©rationnels et Ă  renforcer la rĂ©silience opĂ©rationnelle, dans le cadre de son livre blanc intitulĂ© « Culture du risque – Guide de bonnes pratiques en matière de risque opĂ©rationnel ».

Principaux enseignements du livre blanc :

  • Il n’y a pas de « taille unique

Dès le dĂ©part, les orientations affirment qu’il n’existe pas de culture du risque optimale Ă  atteindre, ni de caractĂ©ristiques de culture du risque « fortes » Ă  viser ou « faibles » Ă  Ă©viter. La culture du risque concerne aussi bien la prise de risque que le contrĂ´le du risque et il convient de tenir compte du fait que diffĂ©rentes cultures du risque peuvent exister dans diffĂ©rents secteurs d’une entreprise, en particulier dans les entreprises plus grandes et plus diversifiĂ©es. NĂ©anmoins, la culture du risque peut ĂŞtre gĂ©rĂ©e efficacement avec des rĂ©sultats positifs, dans le cadre d’une gestion saine du risque opĂ©rationnel.

  • Qu’est-ce que la culture du risque ?

La GIR dĂ©finit la culture du risque comme suit « Un terme dĂ©crivant les valeurs, les croyances, les connaissances, les attitudes et la comprĂ©hension du risque, partagĂ©es par un groupe de personnes ayant un objectif commun. Ce terme s’applique Ă  toutes les organisations, y compris les entreprises privĂ©es, les organismes publics, les gouvernements et les organisations Ă  but non lucratif ». Au-delĂ  de la dĂ©finition, ce qui compte, c’est un concept et une comprĂ©hension partagĂ©s de la culture du risque Ă  l’Ă©chelle de l’organisation, en particulier lorsqu’il s’agit de savoir ce qui est inclus (ou non) dans le « parapluie » de la culture du risque et comment les valeurs, les croyances, les connaissances, les attitudes et la comprĂ©hension sont pertinentes et rĂ©sonnantes. Prenons l’exemple des « valeurs » : quelles sont-elles pour une entreprise donnĂ©e et comment sont-elles liĂ©es Ă  la gestion du risque opĂ©rationnel et l’influencent-elles ? Le personnel apporte-t-il ses propres valeurs et, le cas Ă©chĂ©ant, celles-ci renforcent-elles ou contredisent-elles la gestion du risque opĂ©rationnel ? En ce qui concerne les « croyances », il y aura des interprĂ©tations positives et nĂ©gatives de ce que les gens pensent de l’importance du risque opĂ©rationnel et des avantages et des coĂ»ts de sa gestion. Les « connaissances  » – le degrĂ© de connaissance du risque opĂ©rationnel et de sa gestion. Les gens sont-ils plus ou moins compĂ©tents en matière de risque opĂ©rationnel ? Et comment les « attitudes » Ă  l’Ă©gard du risque interagissent-elles ? Les gens sont-ils plus averses au risque lorsqu’ils perçoivent une menace potentielle importante et plus ouverts aux risques associĂ©s aux opportunitĂ©s ? La « comprĂ©hension » s’acquiert par l’expĂ©rience et les personnes activement impliquĂ©es dans l’identification, l’Ă©valuation et le contrĂ´le des risques opĂ©rationnels sont susceptibles d’avoir une meilleure comprĂ©hension.

  • Évaluer la culture du risque

« L’Ă©valuation de la culture du risque est compliquĂ©e et sujette Ă  des inexactitudes et Ă  des interprĂ©tations biaisĂ©es… En outre, la manière dont les dirigeants interprètent les rĂ©sultats des Ă©valuations de la culture du risque sera biaisĂ©e par leurs propres croyances, connaissances, attitudes, etc. concernant le risque opĂ©rationnel et sa gestion. » Tout en mettant en garde, le guide fournit des dĂ©tails sur les principales mĂ©thodes d’Ă©valuation, Ă  l’Ă©chelle de l’entreprise ou par l’intermĂ©diaire des fonctions de risque opĂ©rationnel respectives. En bref, les mĂ©thodes d’Ă©valuation examinĂ©es couvrent les questionnaires, avec des conseils et des considĂ©rations utiles pour leur conception ; les entretiens qui peuvent fournir « une image plus profonde et plus complète, reflĂ©tĂ©e dans ce que les gens ont dit au sujet de la culture du risque d’une organisation », bien que cette approche puisse nĂ©cessiter beaucoup de temps et de ressources ; les groupes de discussion qui permettent de mettre en Ă©vidence des thèmes ou des problèmes communs au sein d’une culture du risque ; et la façon dont l ‘observation directe peut fournir un outil d’Ă©valuation puissant pour dresser un tableau de la culture du risque et de ses sous-cultures.

  • Mesures de la culture du risque

Étant donnĂ© que les Ă©valuations de la culture du risque peuvent nĂ©cessiter beaucoup de ressources, une solution plus viable consisterait Ă  les rĂ©aliser peu frĂ©quemment (peut-ĂŞtre une fois par an ou tous les deux ans) et Ă  les combiner avec des rapports plus frĂ©quents sur les indicateurs de la culture du risque. Le livre blanc prĂ©sente six indicateurs qui peuvent ĂŞtre utilisĂ©s pour surveiller la culture du risque : la rotation du personnel, en soulignant les pièges des changements de personnel importants qui peuvent diluer la culture du risque et comment de faibles niveaux de rotation peuvent intensifier la « pensĂ©e de groupe », oĂą des opinions bien ancrĂ©es sur la culture du risque peuvent ne pas ĂŞtre remises en question ; la conduite du personnel, oĂą des hausses ou des baisses des griefs du personnel ou des mesures disciplinaires peuvent indiquer des changements dans la culture du risque ; le respect des politiques, oĂą l’augmentation du respect des politiques est un indicateur positif de la culture du risque ; l’audit interne, oĂą les retards dans l’achèvement des actions d’audit peuvent signaler des problèmes de comportement ou un manque de comprĂ©hension de la nĂ©cessitĂ© d’une gestion solide du risque opĂ©rationnel ; les pertes et les accidents Ă©vitĂ©s de justesse, oĂą des augmentations ou des diminutions soudaines peuvent reflĂ©ter des changements dans la culture du risque ; et la communication sur le risque – le nombre de fois oĂą les fonctions de l’entreprise contactent la fonction de risque opĂ©rationnel pour obtenir des conseils peut ĂŞtre extrĂŞmement rĂ©vĂ©lateur. Les orientations suggèrent Ă©galement une implication interdĂ©partementale : le personnel des ressources humaines et de l’audit interne devrait travailler avec les collègues chargĂ©s du risque opĂ©rationnel, ce qui permettrait d’avoir un aperçu de la diversitĂ© des personnalitĂ©s au sein du personnel et de comprendre le mode de fonctionnement de l’organisation.

  • Influencer la culture du risque

« Il convient d’ĂŞtre extrĂŞmement prudent lorsqu’on tente de contrĂ´ler la culture du risque. Pour une rĂ©ussite optimale, il est conseillĂ© d’Ă©viter les projets de changement de culture du risque de grande envergure et de se concentrer sur des aspects spĂ©cifiques de la culture du risque qu’il serait avantageux ou souhaitable d’influencer. De la stratĂ©gie et du leadership, de l’appĂ©tit et de la tolĂ©rance au risque, des politiques et procĂ©dures de ressources humaines Ă  la communication (formelle et informelle) et Ă  la conception de processus et de systèmes, les mesures communes et diverses utilisĂ©es pour influencer la culture du risque font l’objet d’un examen approfondi. En fin de compte, si comme le suggère le livre blanc, « la culture du risque d’une organisation est un Ă©lĂ©ment important de sa rĂ©ussite ou de son Ă©chec », cela vaut-il la peine de s’y intĂ©resser ?