Les questions environnementales, sociales et de gouvernance – ESG – et la continuitĂ© des activitĂ©s sont toutes deux de plus en plus importantes dans les discussions sur la gestion des risques et la conformitĂ©. Mais il est rare que la conversation porte sur les deux disciplines, ce qui n’est pas surprenant puisque cette approche reflète la structure de la plupart des organisations. Cependant, lorsque la GSE et la continuitĂ© des activitĂ©s unissent leurs forces, les rĂ©sultats peuvent ĂŞtre bĂ©nĂ©fiques pour les deux disciplines – et pour l’organisation dans son ensemble. ConsidĂ©rez le chevauchement des buts et des objectifs de l’ESG et de la continuitĂ© des activitĂ©s. Un manque de durabilitĂ©, par exemple, est une menace pour la continuitĂ© et la rĂ©silience. Un mauvais alignement sur les valeurs des clients est une menace pour la continuitĂ©. Et le fait de ne pas gĂ©rer de manière proactive les consĂ©quences de l’Ă©volution des conditions climatiques tout au long de la chaĂ®ne d’approvisionnement – interne et externe – augmente la probabilitĂ© d’une perturbation. La première Ă©tape pour travailler ensemble est d’apprendre Ă se connaĂ®tre. La continuitĂ© des activitĂ©s rencontre l’ESG.
Qu’est-ce que l’ESG ?
La GSE est un ensemble d’initiatives et d’objectifs qui favorisent le dĂ©veloppement durable sur la base d’un schĂ©ma directeur Ă©laborĂ© par les Nations unies. L’ESG se concentre sur la planète, ses Ă©cosystèmes et les personnes. Elle englobe tous les intrants directs et indirects qui composent la fourniture d’un produit ou d’un service, y compris les chaĂ®nes d’approvisionnement, les opĂ©rations internes et les canaux de distribution. Pour de nombreuses organisations, l’ESG est une histoire pour le marchĂ©. Pour d’autres, il s’agit d’une histoire et d’un score. Mais au fond, l’ESG est un voyage permanent visant Ă rĂ©duire les impacts nĂ©gatifs sur la planète et les personnes au fil du temps. L’ESG comprend des Ă©lĂ©ments communs Ă toutes les industries, tels que la rĂ©duction des Ă©missions de gaz Ă effet de serre et la protection contre le travail forcĂ©. Il existe Ă©galement des Ă©lĂ©ments spĂ©cifiques Ă certains secteurs, comme le bien-ĂŞtre des animaux dans la production de protĂ©ines et la gestion des forĂŞts dans la fabrication de textiles. Dans le passĂ©, les rapports ESG Ă©taient volontaires. Aujourd’hui, cependant, les sujets liĂ©s Ă l’ESG sont de plus en plus rĂ©glementĂ©s, ce qui peut reprĂ©senter un dĂ©fi pour les entreprises. Des centaines de rĂ©glementations sont en vigueur et d’autres sont en cours d’Ă©laboration. Les entreprises peuvent ĂŞtre tenues de se conformer aux rĂ©glementations en vigueur dans leur pays d’origine, ainsi que dans les pays oĂą elles s’approvisionnent et vendent leurs produits. Alors que l’Ă©laboration d’une norme mondiale a dĂ©butĂ© en octobre 2021 avec l’ISSB lors de la ConfĂ©rence des Nations unies sur le changement climatique (COP26), les organisations dĂ©clarantes doivent dĂ©sormais gĂ©rer un ensemble complexe et dynamique d’exigences qui sont susceptibles d’augmenter dans un avenir prĂ©visible. L’ESG consiste Ă raconter une histoire sur la durabilitĂ© et les valeurs, Ă maintenir les donnĂ©es de performance pour les Ă©tayer et Ă gĂ©rer les actions pour s’amĂ©liorer au fil du temps. Ă€ un niveau Ă©levĂ©, la continuitĂ© des activitĂ©s consiste Ă garantir la continuitĂ© de la fourniture de produits et de services, mĂŞme en cas d’un ou plusieurs Ă©vĂ©nements catastrophiques.
Pourquoi l’ESG aujourd’hui ?
Semblable Ă bien des Ă©gards Ă la continuitĂ© des activitĂ©s, l’ESG est principalement influencĂ©e par quatre facteurs : les rĂ©gulateurs, la communautĂ© des investisseurs, les clients et la rĂ©putation. Les pressions rĂ©glementaires en matière d’ESG continuent d’augmenter, avec un accent particulier sur la mesure de l’empreinte carbone d’une organisation liĂ©e au dĂ©veloppement et Ă la fourniture de produits et de services. Par exemple, la loi allemande sur le devoir de diligence dans la chaĂ®ne d’approvisionnement vient d’entrer en vigueur au dĂ©but de l’annĂ©e 2023. Elle oblige les entreprises employant au moins 3 000 personnes en Allemagne Ă prendre des mesures appropriĂ©es pour respecter les droits de l’homme et l’environnement au sein de leurs chaĂ®nes d’approvisionnement. De mĂŞme, aux États-Unis, l’État de Californie a proposĂ© une loi sur la responsabilitĂ© climatique des entreprises (Corporate Climate Accountability Act ) qui obligera les entreprises ayant un chiffre d’affaires d’au moins 1 milliard de dollars Ă dĂ©clarer et Ă vĂ©rifier leurs Ă©missions de type 1, 2 et 3. Une proposition de l’USSEC, qui exigera des rapports ESG Ă partir de 2024, se profile Ă©galement Ă l’horizon. Un nombre croissant d’investisseurs Ă©tablissent des critères ESG stricts avant d’envisager d’investir dans une entreprise, en mettant l’accent sur les Ă©missions de carbone, les risques liĂ©s au climat, les minerais de conflit, les droits de l’homme et les conditions d’emploi. Ces investisseurs institutionnels imposent leurs propres exigences en matière de divulgation ESG, qui s’appuient sur les normes de la Global Reporting Initiative (GRI), du Sustainable Accounting Standards Board (SASB) et du Task Force for Climate Related Financial Disclosure (TCFD), entre autres. RĂ©pondre Ă ces exigences des investisseurs est essentiel pour l’accès au capital, les recherches montrant que les notations ESG d’une organisation peuvent avoir une incidence sur 33%-40% du coĂ»t du capital. BlackRock et State Street sont deux exemples oĂą un investissement ne sera pas fait dans une organisation qui n’a pas de pratiques et de rĂ©sultats solides en matière d’ESG. De mĂŞme, les clients Ă©valuent les pratiques ESG de leurs fournisseurs en Ă©valuant les conditions de travail, les performances en matière de droits de l’homme, la diversitĂ© et l’inclusion, les Ă©missions de carbone, etc. La pression sociale est Ă©galement un facteur clĂ©. Une histoire et une notation ESG solides peuvent ĂŞtre un facteur de diffĂ©renciation sur le marchĂ©. Un nombre croissant de clients soutiendront et achèteront Ă des organisations qui s’alignent sur leurs valeurs.
Ne confondez pas ESG et TPRM
Étant donnĂ© que l’ESG se concentre principalement sur la chaĂ®ne d’approvisionnement, nombreux sont ceux qui confondent l’ESG avec la gestion des risques des tiers (TPRM). D’autres encore considèrent la GSE comme un sous-ensemble du paysage plus large de la GPRT. Pour clarifier les choses, la GSE n’est pas seulement la responsabilitĂ© des fournisseurs d’une organisation. Une GSE solide commence par des normes internes activement gouvernĂ©es et mesurĂ©es, qui s’Ă©tendent ensuite Ă la chaĂ®ne d’approvisionnement. Lorsque les rĂ©sultats ne correspondent pas aux attentes, des mesures correctives doivent ĂŞtre prises. Il existe clairement une relation entre la GSE et la GPRT, mais elles ne sont pas identiques. La GPRT se concentre exclusivement sur les partenaires externes et l’impact sur l’entreprise, tandis que la GSE englobe les responsabilitĂ©s internes et externes. L’une et l’autre peuvent ĂŞtre plus efficaces et efficientes grâce au partage d’informations, notamment :
- Sur qui comptez-vous pour le dĂ©veloppement des produits/services jusqu’Ă leur livraison ?
- Que fournissent-ils ?
- Où opèrent-ils (par exemple, les lieux, ainsi que leurs itinéraires logistiques) ?
- Qui sont les fournisseurs de votre fournisseur ?
- Quels sont leurs contrôles et répondent-ils à vos attentes ?
- Quels sont les rĂ©sultats de l’audit et de la vĂ©rification indĂ©pendants ?
- RĂ©pondent-ils Ă vos attentes (par exemple, rĂ©duction des Ă©missions de carbone, conservation de l’eau, etc.)
- Quelles sont les possibilitĂ©s d’amĂ©lioration convenues ?
- Quelles mesures d’amĂ©lioration les tiers prĂ©voient-ils de prendre ?
- Quelles sont les menaces qui pèsent sur les tiers ?
- Qui sont les supplĂ©ants pour chaque dĂ©pendance Ă l’Ă©gard d’un tiers ?
L’intersection entre la continuitĂ© des activitĂ©s et l’ESG
Les cyberrisques et les risques liĂ©s Ă la chaĂ®ne d’approvisionnement restent les principales causes de perturbation. Notez toutefois que la rupture de la chaĂ®ne d’approvisionnement ne se limite plus Ă une dĂ©faillance causĂ©e par un Ă©vĂ©nement perturbateur. Elle peut Ă©galement rĂ©sulter de l’incapacitĂ© Ă respecter les obligations et les attentes en matière d’ESG. La durabilitĂ© et la continuitĂ© sont clairement liĂ©es. De nombreux Ă©lĂ©ments de donnĂ©es partagĂ©s sont Ă©galement nĂ©cessaires pour comprendre et gĂ©rer la continuitĂ© des activitĂ©s. Mais la relation ne se limite pas Ă un simple partage de donnĂ©es. Les organisations qui ont des pratiques de pointe en matière d’ESG, de TPRM et de continuitĂ© des activitĂ©s bĂ©nĂ©ficient Ă©galement de rĂ©seaux d’alerte prĂ©coce, tels que des renseignements sur les risques et les menaces qui dĂ©clenchent une rĂ©ponse, ainsi que des capacitĂ©s de dĂ©tection des risques. Ces dernières impliquent une surveillance en temps rĂ©el des points de vente afin de dĂ©tecter les mĂ©dias dĂ©favorables, les dĂ©pĂ´ts lĂ©gaux et les informations liĂ©es aux menaces. La dĂ©tection des risques utilise le traitement du langage naturel et couvre les mĂ©dias d’information, les documents publics de source ouverte provenant d’agences gouvernementales (par exemple, la FCC, l’Office of Foreign Assets Control [OFAC], les agences chargĂ©es de l’application de la loi et les autoritĂ©s fiscales), les communiquĂ©s de presse et les rapports d’organisations non gouvernementales.
Cimenter la relation
L’ESG bĂ©nĂ©ficie Ă©galement d’une coordination avec la continuitĂ© des activitĂ©s. La continuitĂ© des activitĂ©s et l’ESG partagent les risques associĂ©s Ă l’atteinte Ă la rĂ©putation et Ă la fourniture durable de produits et de services. Grâce au partage de donnĂ©es, de renseignements sur les risques et les menaces et Ă la dĂ©tection des risques, les deux disciplines peuvent gĂ©rer ces risques de manière efficace et fructueuse.
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